Fédération Maçonnique Internationale des Grades Supérieurs (F∴M∴I∴G∴S∴)
Présentation des Hauts-Grades du Régime Écossais Rectifié
3 degrés : Maître Écossais de Saint-André – Ecuyer Novice – Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte
Le Régime Écossais Rectifié naît à la fin du XVIIIᵉ siècle dans un contexte de clarification et de remise en ordre de la maçonnerie écossaise continentale. Structuré notamment par Jean-Baptiste Willermoz et formalisé par le Code des Loges Réunies et Rectifiées (Code de Lyon, 1778), le RER ne cherche ni l’abondance rituelle ni la prolifération des degrés. Il se présente comme un système volontairement limité, cohérent et fortement orienté vers la réintégration spirituelle de l’homme.
Le Régime repose sur une vision exigeante : l’initiation n’est pas une accumulation de savoirs ni une ascension honorifique, mais une rectification progressive de l’être, à la fois morale, spirituelle et intérieure. Les grades n’y sont jamais conçus comme des prérogatives, mais comme des devoirs et des engagements de vie.
Ce qui fait la spécificité du RER dans les “hauts-grades”
1) Un système volontairement court et fermé
Le RER limite délibérément son parcours : après les trois grades symboliques, seuls le Maître Écossais de Saint-André, puis les degrés chevaleresques de l’Ordre Intérieur (Écuyer Novice et Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte) structurent l’élévation. Cette restriction n’est pas une pauvreté, mais un choix doctrinal : mieux vaut approfondir que multiplier.
2) Le MESA : un seuil initiatique majeur
Le Maître Écossais de Saint-André marque une rupture nette avec la logique opérative. La mort symbolique est dépassée ; l’enjeu devient la résurrection intérieure du Juste. Le travail se déplace vers la Loi intérieure, la conscience morale, la fidélité et la cohérence entre foi, pensée et action.
3) L’Écuyer Novice : le temps du dépouillement
Le passage à l’Ordre Intérieur introduit une pédagogie radicale : silence, obéissance libre, humilité, abandon des certitudes. L’initié apprend moins à faire qu’à être disponible. La chevalerie n’est pas encore action : elle est préparation intérieure.
4) Le CBCS : la chevalerie de la bienfaisance
Le Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte incarne la finalité du Régime : une chevalerie intérieure, non conquérante, fondée sur la charité, la justice et le service discret. Le chevalier n’est ni détenteur de pouvoir ni juge du monde ; il devient serviteur du Bien, au cœur de la Cité et du monde profane.
5) Une orientation spirituelle assumée
Le RER se distingue par son ancrage chrétien transcendant et sa théologie de la réintégration. La chevalerie y est un chemin de conversion intérieure, où le symbole s’efface progressivement au profit de la vie vécue.